Les secousses sous ma peau • Solo-Show — Julie Giblot Ducray

Duras disait : « Mon enfance est une patrie d’eaux »1. Chez moi, les enfants galopaient pieds nus, le bétail envahissait les routes et la terre était cerclée d’eau. De l’eau, partout, à perte de vue : la mer, les cyclones, les pluies, l’humidité. Je ne parle pas de Maurice, terre de ma naissance, mais de Rodrigues, l’île sœur. Les vagues affleurent encore dans certains coups de mes pinceaux. Je n’ai pas besoin de représenter l’île for-mellement : la force des êtres, la force des paysages me nourrissent. Ils peuplent mes pensées et jaillissent ensemble sur la toile.
1« Je ne peux pas penser à mon enfance sans penser à l’eau. Mon pays natal c’est une patrie d’eaux. Celle des lacs, des torrents qui descendaient de la montagne, celle des rizières, celle terreuse des rivières de la plaine dans lesquelles on s’abritait pendant les orages. La pluie faisait mal tellement elle était drue. » La Vie Matérielle, éd. P.O.L (1987).
