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SUMMARY:Ce que l'on entend de la fin du jour • Duo-Show — Angèle Guerre\, Anne Commet
DESCRIPTION:Ce qu’on entend de la fin du jour réunit les plasticiennes Anne Commet et Angèle Guerre autour d’une expérience commune\, celle du trouble perceptif et des vertiges qui surgissent à l’orée du crépuscule\, lorsque les repères visuels\, spatiaux et temporels s’amenuissent. Ici\, il n’est pas lieu de représenter le paysage\, mais de transposer\, de matérialiser des sensations internes qui s’opèrent dans la contemplation\, quelle qu’elle soit : variation de lumière\, densité de l’air\, odeurs\, tremblements presque imperceptibles. Le titre convoque l’ouïe pour mieux déplacer le regard. Il s’agit moins de voir que de sentir\, par le corps\, une modification du monde\, et de représenter\, à l’intérieur de soi\, la porosité de l’extérieur. L’abstraction fonctionne ici comme un intermédiaire\, comme condition d’une attention accrue à ce qui se joue au-delà de la surface visible. \nChez Anne Commet\, la perception est issue de la marche\, de la répétition et de la mémoire. La peinture se dépose par strates successives\, par transfert\, laissant apparaître des traces qui condensent une expérience vécue plutôt qu’un point de vue. Les formats verticaux\, l’absence de cadre perspectif et le procédé de monotype déplacent la peinture vers une physicalité assumée : la toile est un sol\, un support traversé. Certaines de ces photographies plus figuratives — fragments floraux\, buée du soir\, détail sculptural — ne rompent pas ce régime perceptif : elles en sont des seuils. Ici\, se déploie la pensée de l’écophénoménologue américain David Abram\, pour qui la perception engage une profondeur et une épaisseur du monde\, accessibles uniquement par un corps situé\, en relation continue avec son environnement[1]. \nLe travail d’Angèle Guerre engage le dessin comme une action lente et incisive\, où la surface est entamée\, grattée\, scarifiée. Papier\, miroir ancien\, cuir : chaque support est traité comme une peau\, porteuse de mémoire. La série « Vertige\, un soir » explore un état intermédiaire\, entre jour et nuit\, mouvement et immobilité\, où l’espace se fragmente en rythmes et en pulsations. L’absence de perspective ou d’horizon ne nie pas le paysage\, mais le recompose à partir de gestes répétés\, proches de pratiques artisanales ancestrales. Cette attention au trouble\, à l’épaisseur sensible et au mystère de la présence fait écho aux analyses de Georges Didi-Huberman sur la trace et la ressemblance par contact[2]\, où ce qui doit être vu n’est pas la résultante de l’image\, mais son envers\, ce qui se cache\, qui se devine\, au-delà d’elle. Dans Ce qu’on entend de la fin du jour\, la contemplation n’est pas distante\, elle est corporelle. Le regard fait émerger une présence qui semble se tenir\, précisément\, à la fin du jour et qui convoque le corps tout entier à s’approcher des toiles\, des dessins et des photographies d’Anne Commet et d’Angèle Guerre. Il permet d’envisager\, dans ce que nous réclamons de plus en plus d’un temps long\, en dehors du vacarme assourdissant de nos quotidiens\, une perception active\, ancrée dans notre environnement. Visiteurs et visiteuses se tiennent ainsi dans cet entre-deux\, où le visible glisse vers une expérience personnelle appelant la poésie sensible du monde. \nSandra Barré \n[1] David Abram\, Devenir animal\, une cosmologie terrestre\, 2024. \n[2] Georges Didi-Huberman\, La ressemblance par contact archéologie. Anachronisme et modernité de l’empreinte\, 2008.
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SUMMARY:Hommages • Jérôme Delaplanche
DESCRIPTION:L’exposition Hommages\, réunit quatorze tableaux qui assument explicitement un rapport de reconnaissance envers les maîtres. \nHistorien de l’art\, Jérôme Delaplanche inscrit sa pratique dans un dialogue conscient avec les œuvres et les artistes. Les références convoquées — de Pontormo à Rembrandt\, du Greco à Rodin\, de Gustave Moreau à Francis Bacon — renvoient à des problématiques communes : extension expressive du corps\, matérialité de la chair\, vibration de la surface peinte. Ses tableaux procèdent ainsi d’une gratitude active\, formulée par la peinture elle-même\, à travers la matière\, la touche et la construction de la figure. \nNé en 1974\, Jérôme Delaplanche mène une double activité de peintre et d’historien de l’art.Il se forme à la peinture dans l’atelier d’Hashpa\, peintre d’origine tchèque\, dont l’enseignement et l’esthétique exercent sur lui une influence déterminante. Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome pour des recherches en histoire de l’art\, il profite également de ce séjour pour se consacrer intensivement à la peinture.Spécialiste de la théorie de la picturalité à l’âge classique\, ses recherches académiques nourrissent organiquement sa pratique : chez lui\, la réflexion sur l’image et l’acte de peindre se génèrent mutuellement\, dans une tentative d’exploration des conditions mêmes de l’apparition de la figuration sous la tache du pinceau.
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