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SUMMARY:La maison des feuilles • Solo-Show — Théo DAVID
DESCRIPTION:Au moment où j’écris ces lignes\, je me souviens être tombé dans la bibliothèque de Théo David sur un recueil de poèmes d’Éluard. Après mon départ\, il m’a envoyé un soir Jardin perdu :  \nCe jardin donnait sur la terre (…) Ce jardin donnait sur la mer \nÇa a raisonné dans ma tête. Ça m’a rappelé quelque chose de simple : avant la maison\, il y a le jardin. \nL’été\, Théo David déménage son atelier à Marseille. C’est un espace aux proportions inattendues. La pièce est étroite. Pourtant sur les murs\, sur le sol\, ses tableaux viennent créer de la profondeur. Le parquet semble vibrer\, il est jonché de touches de couleurs\, de pinceaux et de tubes\, comme autant de jeunes pousses\, ou de fleurs qu’on esquive pour les laisser vivre. \nIl y a des livres partout\, ouverts\, fermés\, sur l’art souvent\, la poésie beaucoup. On s’y sent bien\, on a envie d’y rester. Il a des allures de patio cet atelier. Quand la chaleur est écrasante en juillet et que l’appartement est plongé dans le noir\, c’est la seule pièce qui garde ses volets ouverts. C’est un puits de lumière\, une respiration. C’est un espace sensible enfin. Rien n’est figé\, rien n’est solide. On ressent bien la fragilité de ses fondations. Les murs poreux laissent la lumière se déployer. \nApparaissent alors des bouquets\, comme un livre monumental qu’on a envie d’effeuiller. Mais avec l’effet de profondeur\, le sensible prend le dessus. On veut les attraper\, les sentir\, et pourquoi pas les étreindre. Observer leur composition pour témoigner de leur harmonie. C’est l’essence qui se confond quand on les regarde. On s’y reconnaît presque\, comme si sang et sève pouvait se mêler. Cette même profondeur\, enfin\, vient créer un effet de lumière. Comme si un passage était possible\, à travers les fleurs. Se cacher derrière\, reposer son corps\, pour qu’il capte aussi la lumière. \nLà encore avec ses fenêtres. Il nous plante là\, devant cet objet de séparation et d’attirance. D’un coup d’œil\, c’est une ouverture sur un autre réel. Les fenêtres sont fermées\, et c’est l’objet qui devient paysage. Tout y est\, le bleu du ciel qui se reflète dans la vitre\, le vert de la terre\, les plantes… Nous sommes devant cette faille qui permet à la lumière de s’échapper. \nAutour de ces passages apparaissent aussi des portraits. Figures et silhouettes à la présence discrète et immobiles. Elles semblent surveiller un espace\, avec le sentiment profond d’être bien là où elles sont. Tranquilles\, captant la lumière autant qu’elles la renvoient. Ces personnes baignent dans un présent doux. Sous un soleil. Elles semblent flotter\, comme ça arrive parfois au bord de la mer\, au cœur de l’été. Quand les corps sont ivres de clarté\, de mer et de vent. \nC’est par ce travail sur la matière\, c’est par ces sensations de vibrations que Théo David nous rappelle que la profondeur existe toujours depuis une surface plane. Ses sujets surgissent\, paisiblement. Il parvient à créer un effet de porosité dans ses tableaux qui laisse toujours la lumière verser. À l’image d’un patio. La clarté qui survit.  \nElouan Roth Le Vaillant
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LOCATION:12 rue de Normandie
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