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SUMMARY:Ce que l'on entend de la fin du jour • Duo-Show — Angèle Guerre\, Anne Commet
DESCRIPTION:Ce qu’on entend de la fin du jour réunit les plasticiennes Anne Commet et Angèle Guerre autour d’une expérience commune\, celle du trouble perceptif et des vertiges qui surgissent à l’orée du crépuscule\, lorsque les repères visuels\, spatiaux et temporels s’amenuissent. Ici\, il n’est pas lieu de représenter le paysage\, mais de transposer\, de matérialiser des sensations internes qui s’opèrent dans la contemplation\, quelle qu’elle soit : variation de lumière\, densité de l’air\, odeurs\, tremblements presque imperceptibles. Le titre convoque l’ouïe pour mieux déplacer le regard. Il s’agit moins de voir que de sentir\, par le corps\, une modification du monde\, et de représenter\, à l’intérieur de soi\, la porosité de l’extérieur. L’abstraction fonctionne ici comme un intermédiaire\, comme condition d’une attention accrue à ce qui se joue au-delà de la surface visible. \nChez Anne Commet\, la perception est issue de la marche\, de la répétition et de la mémoire. La peinture se dépose par strates successives\, par transfert\, laissant apparaître des traces qui condensent une expérience vécue plutôt qu’un point de vue. Les formats verticaux\, l’absence de cadre perspectif et le procédé de monotype déplacent la peinture vers une physicalité assumée : la toile est un sol\, un support traversé. Certaines de ces photographies plus figuratives — fragments floraux\, buée du soir\, détail sculptural — ne rompent pas ce régime perceptif : elles en sont des seuils. Ici\, se déploie la pensée de l’écophénoménologue américain David Abram\, pour qui la perception engage une profondeur et une épaisseur du monde\, accessibles uniquement par un corps situé\, en relation continue avec son environnement[1]. \nLe travail d’Angèle Guerre engage le dessin comme une action lente et incisive\, où la surface est entamée\, grattée\, scarifiée. Papier\, miroir ancien\, cuir : chaque support est traité comme une peau\, porteuse de mémoire. La série « Vertige\, un soir » explore un état intermédiaire\, entre jour et nuit\, mouvement et immobilité\, où l’espace se fragmente en rythmes et en pulsations. L’absence de perspective ou d’horizon ne nie pas le paysage\, mais le recompose à partir de gestes répétés\, proches de pratiques artisanales ancestrales. Cette attention au trouble\, à l’épaisseur sensible et au mystère de la présence fait écho aux analyses de Georges Didi-Huberman sur la trace et la ressemblance par contact[2]\, où ce qui doit être vu n’est pas la résultante de l’image\, mais son envers\, ce qui se cache\, qui se devine\, au-delà d’elle. Dans Ce qu’on entend de la fin du jour\, la contemplation n’est pas distante\, elle est corporelle. Le regard fait émerger une présence qui semble se tenir\, précisément\, à la fin du jour et qui convoque le corps tout entier à s’approcher des toiles\, des dessins et des photographies d’Anne Commet et d’Angèle Guerre. Il permet d’envisager\, dans ce que nous réclamons de plus en plus d’un temps long\, en dehors du vacarme assourdissant de nos quotidiens\, une perception active\, ancrée dans notre environnement. Visiteurs et visiteuses se tiennent ainsi dans cet entre-deux\, où le visible glisse vers une expérience personnelle appelant la poésie sensible du monde. \nSandra Barré \n[1] David Abram\, Devenir animal\, une cosmologie terrestre\, 2024. \n[2] Georges Didi-Huberman\, La ressemblance par contact archéologie. Anachronisme et modernité de l’empreinte\, 2008.
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SUMMARY:Les secousses sous ma peau • Solo-Show — Julie Giblot Ducray
DESCRIPTION:Duras disait : « Mon enfance est une patrie d’eaux »1. Chez moi\, les enfants galopaient pieds nus\, le bétail envahissait les routes et la terre était cerclée d’eau. De l’eau\, partout\, à perte de vue : la mer\, les cyclones\, les pluies\, l’humidité. Je ne parle pas de Maurice\, terre de ma naissance\, mais de Rodrigues\, l’île sœur. Les vagues affleurent encore dans certains coups de mes pinceaux. Je n’ai pas besoin de représenter l’île for-mellement : la force des êtres\, la force des paysages me nourrissent. Ils peuplent mes pensées et jaillissent ensemble sur la toile. \n1« Je ne peux pas penser à mon enfance sans penser à l’eau. Mon pays natal c’est une patrie d’eaux. Celle des lacs\, des torrents qui descendaient de la montagne\, celle des rizières\, celle terreuse des rivières de la plaine dans lesquelles on s’abritait pendant les orages. La pluie faisait mal tellement elle était drue. » La Vie Matérielle\, éd. P.O.L (1987).
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SUMMARY:Eaux douces • Duo-Show — Magali Cazo & Ada Kafel
DESCRIPTION:Eaux douces \nMagali Cazo et Ada Kafel \nÀ l’occasion de leur exposition « Eaux Douces »\, présentée du 4 au 20 décembre 2025\, Magali Cazo et Ada Kafel nous invitent à nous immerger dans une méditation poétique. Parcourant les paysages imaginaires de Magali et les délicats portraits d’Ada\, l’eau se montre symbole de soin et de douceur\, de fluidité et de sérénité\, élément naturel et puissance invisible qui nous appelle à la contemplation. \nAu sein des oeuvres sélectionnées pour l’exposition\, l’eau apparaît avant tout comme sujet. Chez Magali\, l’espace du papier est parsemé de lacs\, parcouru de cours d’eau. Un dialogue silencieux se noue entre les pleins et les vides\, les reliefs et leurs reflets\, entre la quiétude colorée du ciel et le mouvement des ruisseaux. Inspirée par les paysages ardéchois qu’elle habite depuis plusieurs années\, Magali conçoit son oeuvre comme une célébration des métamorphoses qu’accueille chaque rivière\, chaque mare. Elle nous invite à entrer dans le paysage\, à nous mettre au diapason des rythmes qui l’animent. Cette attention au rythme et au mouvement parcourt également le travail d’Ada\, dont les portraits féminins célèbrent l’ondoiement du corps\, la fluidité du geste. Des drapés généreux répondent à des postures de danse\, des gestes de repos. \nChez Ada\, l’eau est intérieure\, elle est cette puissance discrète qui régit le mouvement et la pause\, l’action et la contemplation\, l’inquiétude et la tendresse. Elle est aussi medium\, condition primordiale du travail de l’encre\, chez Magali\, et de l’aquarelle\, chez Ada. Préférée à l’huile et au dessin pour les séries présentées ici\, l’eau transforme complètement le rapport qu’entretient l’artiste avec son oeuvre. Il n’est pas question de contrôle\, mais de hasard\, pas de maîtrise\, mais d’abandon\, pas de raison\, mais d’intuition. La finesse du papier\, le mouvement de l’eau sur la feuille\, la rapidité du séchage sont autant de contraintes que les deux artistes embrassent pour la richesse qu’elles dissimulent. Il s’agit ici de se mettre à l’école de la matière\, d’entrer dans le rythme propre de l’oeuvre\, de composer avec l’inattendu. Qu’il s’agisse d’aplats vaporeux\, comme chez Magali\, ou du geste sinueux du pinceau d’Ada\, tout ici rappelle la danse de l’eau et des pigments. \nAlors le geste de création devient méditation\, hommage à la beauté du monde\, et\, plus que tout\, moment de soin. L’eau est une force de transformation\, elle accompagne les métamorphoses intérieures et extérieures\, elle répare et réinvente. Elle est surtout le lieu concret d’une rencontre\, d’une relation. Comme l’eau d’une rivière sculpte les galets de son lit\, les oeuvres d’Ada et Magali gardent la trace d’une co-création\, d’un échange silencieux entre l’artiste et la matière\, d’une négociation permanente entre la nécessité du geste et sa possible retenue. La douceur\, ici\, est force créatrice. C’est une qualité d’attention à l’altérité\, une éthique du non-agir. L’artiste contemple\, plutôt qu’elle ne dicte\, les transformations des êtres et des choses. \nS’effacer\, se dissoudre\, voilà sans doute le coeur de cette expérience. Pour les deux artistes\, le moment créateur est un moment de méditation\, de plongée dans la matière\, de fusion du moi dans la beauté de l’altérité. Par cette posture d’attention extrême et d’économie du geste\, Ada et Magali se mettent au diapason de leurs sujets. C’est une méditation qui nous est proposée.\nLaissons nos regards se perdre dans les oeuvres\, découvrir ici et là les subtiles chorégraphies de l’eau et des pigments\, la dissolution d’un reflet dans le blanc de la page. Figuratives et délicatement colorées\, les oeuvres des deux artistes créent un pont pour notre regard\, de la forme des choses à leur invisible profondeur. \nEn plongeant dans les « Eaux Douces » de Magali Cazo et Ada Kafel\, abandonnons nos désirs de contrôle\, délaissons la raison et mettons nous à l’école du vivant. Sous nos yeux\, lacs\, rivières et silhouettes entament un ballet fascinant\, une lente métamorphose à laquelle nous pouvons prendre part. Tout est déjà en train d’advenir\, il nous suffit de laisser faire et de prendre notre place dans cette grande valse des éléments. À la fois sujet et matière\, l’eau traverse toutes les couches de ces oeuvres\, comme une invitation à nous fondre avec elle dans l’harmonie du monde. \nArmand Camphuis
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SUMMARY:'Ombres & mouvements'\, Jean-Baptiste Anginot & Marie-Laure Gérard-Becuwe
DESCRIPTION:Ombres et Mouvements\nPhotographies de Jean-Baptiste AnginotSculptures de Marie-Laure Becuwe \nDu jeudi 20 novembre au samedi 29 novembre \nL’exposition Ombres et Mouvements réunit deux regards\, deux langages plastiques qui se répondent autour d’une même quête : celle du vivant dans l’instant suspendu. \nChez Jean-Baptiste Anginot\, la lumière devient matière. Héritier d’une lignée de photographes\, il en a appris très tôt les secrets : la lenteur du cadrage\, la justesse du diaphragme\, la patience de la révélation sous la lampe rouge. Voyageur attentif\, il saisit aujourd’hui en noir et blanc les architectures fugitives du monde — ces géométries éphémères dessinées par l’ombre sur un mur\, une route\, un visage. Dans cette recherche de l’« ici et maintenant »\, ses images composent un journal poétique du réel\, une méditation sur la lumière qui fait naître les formes autant qu’elle les efface. \nFace à cette écriture de l’ombre\, Marie-Laure Becuwe sculpte le mouvement. Ses personnages\, d’abord modelés en cire avant de se figer dans le bronze\, semblent habités d’un souffle invisible. Tantôt enfermés\, tantôt en équilibre\, ils oscillent entre contrainte et liberté\, fragilité et force. Leurs gestes esquissent des récits sans fin\, comme des fragments d’histoires humaines. « Ils sont un prolongement de mes chaos\, de mes petites angoisses ou de mes bonheurs »\, confie l’artiste. Dans leur vacillement\, on perçoit la poésie de notre propre condition. \nEntre la lumière et la matière\, l’immobilité et le mouvement\, les deux artistes tissent un dialogue subtil. \nLes photographies d’Anginot fixent l’éphémère ; les sculptures de Becuwe lui redonnent vie. Ensemble\, elles invitent à regarder autrement les lignes de nos existences — à voir\, dans chaque ombre portée\, le passage discret d’une émotion\, d’un souffle\, d’un mouvement intérieur. \nHJ
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SUMMARY:Failles • Solo-Show — Karine Prette
DESCRIPTION:Failles /\nKarine Prette\nDu 18 octobre au 15 novembre 2025 \nParfois\, la faille prend la forme d’une simple entaille. Plus profonde\, elle peut aussi s’apparenter à une crevasse\, à un gouffre qui rappelle la violence de la secousse. La faille garde le souvenir de cette blessure qui a fait saigner et qui a forgé sa marque. Car nous nous construisons sur nos failles qui restent inscrites en nous. Le temps ne les a pas effacées. Elles demeurent. Alors pourquoi ne pas les sublimer ? \nCes failles\, Karine Prette y a mis les doigts pour les révéler. Elle y a trempé ses pinceaux\, elle en a caressé les formes. Sous son pinceau\, les failles deviennent flamboyantes\, elles prennent l’éclat du cosmos. Ses toiles dépeignent les tourments du chaos dont les feux étincelants pénètrent au plus profond des crevasses creusées par la vie. Sur son oeuvre\, chaque détail est un jet\, un mouvement de vie\, un instinct. « C’est la toile qui me guide » aime à dire Karine Prette. Chaque détail nourrit le suivant\, avant de ricocher vers un troisième\, dans une interminable quête\, sans aucun contrôle. Au couteau ou au pinceau\, la toile est grattée\, empâtée\, tel un chantier d’expérimentations. Les couches viennent à se superposer et la toile s’achève enfin lorsqu’un point d’harmonie est atteint\, en dépit des vents contraires. Tout ce passé\, fait de tâtonnements et de pas de côté\, demeure pourtant enfoui dessous. On en ressent la trace\, l’épaisseur en témoigne. C’est ce qui confère à ces toiles abstraites toute leur puissance. Le résultat est stupéfiant de vie et de tourments. \nLe chaos\, Karine ne le fuit pas\, elle compose avec lui. Elle le magnifie et elle éprouve toujours le besoin d’y amener sa lumière. Elle se sait portée par le feu sacré\, encouragée par la figure tutélaire des maîtres : Monet\, Basquiat ou de Staël. Ces peintres qu’elle a dépeints jusqu’à leur rendre une présence extraordinaire. Bien plus qu’une restitution fidèle de leurs traits\, leur portrait laisse transparaître leurs personnalités\, jusqu’à dévoiler leurs failles. Toujours ces traces de fragilité qui trahissent la sensibilité de ces figures artistiques\, dont on contemple les visages sans fard. Rien n’est mieux partagé que les failles intimes dont l’exploration nous relie dans une même humanité. \nCette exposition est la promesse de ne rien occulter des tourments tout en nous offrant cette douceur chaude qui enveloppe notre regard. C’est le vertige du saut dans la faille. Le bonheur de s’y glisser avec félicité. \nFrédéric Pennel \n  \n 
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SUMMARY:Ôde à l’infini • Solo-Show —Yvonne Behnke
DESCRIPTION:Née à Francfort\, en Allemagne\, Yvonne Behnke vit et travaille aujourd’hui à Meudon. \n\n\n\n\nFascinée par l’infiniment petit et ses correspondances avec l’infiniment grand\, elle puise son inspiration dans la contemplation de ce monde invisible\, révélant à travers son travail le mystère de la vie et l’émerveillement face à l’univers. Son intuition et sa technique à la fois exigeante et ouverte à l’imprévu\, lui permettent d’explorer l’invisible. \nSon pinceau chinois\, l’eau\, la gravitation et la chaleur deviennent complices d’une œuvre naissant dans l’équilibre entre geste maîtrisé et formes imprévues.\nÀ travers sa peinture\, Yvonne explore ce qui échappe au regard et partage sa fascination pour ces mondes invisibles et infinis\, laissant chacun libre d’y trouver sa propre lecture.
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SUMMARY:Carte Blanche • 'Photographies\, aquarelles & encres'\, François Berton et Catherine Gaillard
DESCRIPTION:Pour clôturer la saison des expositions\, Conscious Paris propose sa ‘Carte Blanche’. \nRendez-vous du mardi 2 au vendredi 18 juillet pour découvrir les photographies de François Berton et les encres et aquarelles de Catherine Gaillard. \n  \nFrançois Berton  \nFrançois Berton a toujours été animé par le désir de capter l’humain\, ses blessures et ses joies\, à travers son objectif. Avec Gary Winnogrand\, il pense photographier pour voir à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées. \nÀ travers l’exposition ‘Liberté conditionnelle’\, il interroge\, établissant une balance entre les figures captives et leurs homologues humains\, les limites visibles et invisibles de nos gestes\, nos désirs\, nos corps et nos voix. Les tensions entre le dedans et le dehors\, l’intime et le social\, le possible et l’interdit. \n‘Derrière leurs vitres\, ou plus librement exposés\, chaque jour\, nous les voyons.  Et faute de n’avoir  pas versé la caution nécessaire à  leur achat\,  une grille les enfermera le soir. Mais ces figures sont parfois humaines. Qui\, sans être cloitrées\, n’en sont pas pour autant libres de bien vivre. Nous avons un peu visité ces mondes.’ F.B \n\n\nCatherine Gaillard \nCatherine Gaillard se forme à l’École d’Art de Rueil\, notamment auprès de Tariffe Raslain\, puis poursuit son apprentissage aux Beaux-Arts de Versailles en cours du soir. En parallèle\, elle étudie la calligraphie auprès d’Ines Igelnick\, peintre-calligraphe rattachée à l’École Zen Sôtô\, au sein de l’association Calligraphis. Entre abstraction poétique et suggestion figurative\, son œuvre invite à une contemplation sensible\, entre silence\, souffle et mouvement. \nÀ travers l’exposition ‘Silences et mouvements’\, Catherine Gaillard recherche l’épure d’une silhouette\, d’un mouvement\, les éclats de vie\, les teintes de la nuit et du silence.
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SUMMARY:'L’empreinte du vent'\, Elisabeth Diegner
DESCRIPTION:Conscious Paris vous convie à l’exposition ‘L’empreinte du vent’\, Elisabeth Diegner avec les sculptures de Karl-Heinz Diegner. \n  \nElisabeth Diegner \nDiplomée des Beaux-Arts de Bourges\, Elisabeth Diegner est basée à Cabrières d’Avignon.Utilisant divers supports\, cartons\, papier kraft\, toile\, le travail d’Elisabeth Diegner préserve l’inspiration spontanée du geste graphique\, restant fidèle au déroulement naturel du trait\, sur les surfaces transparentes\, sombres ou opaques. Il y a des ombres qui cachent des êtres ou des symboles\, mais qui s’ouvrent vers\ndes portes de lumières ; elles s’inscrivent sur le support comme des empreintes fugitives qui se fixent en instantanée sur la toile. \n« Pour moi la peinture n’est ni immobile\, ni définitive. J’essaie de saisir une émotion\, d’apprivoiser la toile blanche pour y porter un moment de concentration\, le geste est plus proche de l’écriture que du recouvrement\, avec des enjambées nerveuses\, des envols\, des ruptures et des transparences.» \n  \nKarl Diegner \nNé en 1943 en Allemagne\, Karl Diegner a effectué ses études à l’École d’ingénieur de Düsseldorf et a suivi parallèlement des cours libres à l’Académie des Beaux-Arts. Après de longs séjours à Paris et au Brésil\, il a installé son atelier de sculpture en Provence. Karl Heinz Diegner aime lire entre les lignes. Depuis de nombreuses années\, il tente de les interroger\, les apprivoiser\, les caresser\, de les détourner parfois. Les courbes délicatement fascinantes du corps féminin l’ont en permanence inspiré. Tout son travail en témoigne\, quel que soit le matériau utilisé : pierre\, bronze\, albâtre\, stéatite. \n«Karl-Heinz Diegner atteint à la quintessence de la sculpture. Il réussit\, au-delà du rapport à la seule matière\, à la structuration et à la représentation en trois dimensions de formes sublimes à nous donner à voir l’insaisissable espace et l’invisible lumière qui restituent à l’objet sa place au monde.» J-M Guenassia\, Écrivain  \n  \nAgenda \nSamedi 14 juin à partir de 17h — Vernissage de l’exposition \nLundi 16 juin à 19h30 — Soirée musicale avec Elgas et Wasis Diop \nJeudi 19 juin à 17h — Déambulation poétique avec Lucile Dupuis
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SUMMARY:Théo David\, 'un hiver avec une cigale'
DESCRIPTION:Le titre de l’exposition comporte d’emblée quelque chose de poétique. La survie d’une cigale au cœur même de l’hiver. L’équation impossible d’un être voué à mourir à la fin de la saison estivale\, qui résisterait aux assauts du temps et supporterait les nuits les plus sombres. La respiration du printemps en plein frimas d’automne. La promesse de l’aube. \nCar\, quelque part\, passer l’hiver avec une cigale revient à sauvegarder l’été qui vient. Comme une flammèche que l’on tiendrait précieusement pour rallumer un feu. Un brin de soleil dans la poche.\nNous pouvons dire que les toiles de Théo David présentent cette dualité. D’un côté\, des personnages esseulés\, à l’air pensif\, sinon même ombrageux\, et\, de l’autre\, la nature qui se déploie dans tout ce qu’elle a d’éloquent et de sauvage. Le contact entre les deux semble quelque peu rompu\, comme si les figures représentées méditaient avec mélancolie sur cette distance soudaine\, sur ce manque qu’ils peuvent ressentir au fond de l’âme. Les plantes ont beau être là\, tout prêt\, on sent qu’un gouffre les sépare. Elles viennent comme des présences annonciatrices\, comme des fenêtres ouvertes sur quelque chose de plus grand et d’inaccessible. Un autre monde. Justement\, ces personnages ne sont pas complètement fermés à elles. Ils paraissent avoir trouvé refuge dans un moment suspendu que le peintre a souhaité fixer sur sa toile. Il y a quelque chose de l’ordre des retrouvailles dans ces scènes. On a l’impression que ces jeunes gens ont réussi à échapper aux empires construits depuis la nuit des temps\, à l’apogée des civilisations écrasantes\noù le pouvoir a pris toute la place et qu’ils s’étaient mis à converser avec la nature\, du moins à aller à sa rencontre. En-dehors du monde ordinaire\, dans une bulle\, ils semblent survivre telles des cigales en plein hiver. \nAutour d’eux\, existent aussi d’étonnants paysages. Une montagne de sel entourée d’un ciel gris.\nUne grotte énigmatique dans les calanques de la Méditerranée qui nous enveloppe et nous\nappelle. Une île incandescente qui se reflète sur la mer. Ces lieux\, comme les plantes précédemment évoquées\, prolongent cette tension entre l’humain et le vivant. Ils ne sont pas de simples décors : ils semblent habités d’un silence profond\, porteurs d’une présence\, d’un souvenir ou d’un appel que les personnages perçoivent dans leur retrait. Ce regard que le peintre pose sur les paysages — lui qui est natif de Marseille et arpente souvent la région — dépasse les représentations convenues du Sud. Il en donne une vision contrastée\, loin des images figées d’un éternel été\, comme s’il rappelait que même ici\, l’hiver a ses ombres et que la lumière a ses absences. \nC’est dans cette ambivalence que le travail de Théo David s’inscrit. Dans une chaleur froide ou dans une froideur douce. Un oxymore. Le peintre parvient à réunir ce que l’on croyait irréconciliable\, ce que les discours ambiants et les regards courts tiennent pour opposé. Il nous rappelle la force d’une nuance\, la beauté de l’inattendu et le mystère profond de la nature. \nJean-Baptiste Gauvin
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SUMMARY:Carla Talopp\, ‘Phusis\, ce que le vivant nous murmure’
DESCRIPTION:Il existe des artistes qui épousent le souffle profond du monde\, qui battent au rythme même de la vie. \nL’art de Carla Talopp est une écoute active du vivant\, une plongée dans ses flux visibles et invisibles.\nL’artiste réaffirme une évidence oubliée : nous sommes traversés par une force qui nous dépasse\, un élan\, un frémissement\, un chant. \nLa puissance de l’éclosion – phusis chez les Grecs – cette force intime par laquelle tout être vivant se meut de l’intérieur en est ici la clé secrète et lumineuse. \nPlonger dans l’univers de l’artiste\, c’est accepter de se laisser emporter par une puissance douce et indomptable. Couleurs franches\, foisonnement de formes\, profusion du végétal\, surgissement d’animaux mythiques : tout\, dans sa pratique\, relève de la célébration. L’acte de création est total : le corps\, l’esprit\, le souffle sont mobilisés ; l’artiste devient passeuse d’une énergie primordiale\, quasi chamanique\, puisée aux racines du monde. \nCette énergie n’est ni floue ni abstraite. Au gré de voyages en Inde\, au Cambodge\, au Maroc\, ou encore plus récemment au Sri Lanka\, Carla Talopp s’est chargée de lumières\, de chants d’oiseaux\, de couleurs vernaculaires\, d’intuitions fugaces. Le paon\, figure récurrente\, en devient le totem : éclatant\, altier\, mystérieux. Il incarne à lui seul cette tension entre l’émerveillement et le sacré. C’est qu’au-delà de la profusion formelle\, l’œuvre de Carla Talopp est profondément spirituelle. \nElle évoque cette part du monde qu’on ne voit qu’en fermant les yeux\, ce que le vivant nous murmure. \nL’artiste met le soin au coeur de sa création. Elle crée pour renouer\, pour réenchanter\, pour réapprendre à écouter « la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe » (Friedrich Hegel). Son geste pictural se fait geste de reliance : aux autres vivants\, aux forces de vie\, à l’élan même qui permet à toute chose de s’éclore. \nEn cela\, son travail fait écho à une cosmologie renouvelée – celle que des penseurs comme Bruno Latour\, Leibniz ou Henri Bergson ont cherché à faire émerger : celle d’une Terre habitée\, traversée de vitalités multiples\, agissantes\, interdépendantes. \nDans chaque dessin\, dans chaque peinture s’ouvre un cycle\, une saison\, un printemps de formes et d’énergies qui tend vers un été indicible. \nSes oeuvres augmentent notre puissance d’exister. Elles nous rappellent\, par la voie des sens\, que la joie est un savoir\, que l’émerveillement est une posture politique\, et que chaque être – qu’il soit feuille\, femme ou constellation – porte en lui la même pulsation. \nInès Frachon\nCuratrice indépendante
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SUMMARY:Véronique Masurel\, 'Comme un éclat dans l'épaisseur de l'été'
DESCRIPTION:Pour un psychanalyste\, la réalité renvoie à une réalité interne à la personne : les affects\, la vision du monde\, le désir. \nCette réalité interne est l’objet de projections qui\, souvent\, font croire que la réalité interne n’y peut\, et qu’il y a bien une réalité externe tangible\, descriptible. Notre monde technicisé\, avec ses convictions en un Tout Science – vérité absolue accrédite des réalités descriptibles comme clivées de la subjectivité\, c’est-à-dire des vérités qui s’énoncent et se vérifient par la preuve.\n​\nDans cette affaire\, comment situer le travail de l’artiste et à fortiori celui de Véronique Masurel ? \nDepuis l’impressionnisme\, la question d’une représentation subjective et des procédés pour la produire a mobilisé et mobilise encore des artistes autour d’un impossible : représenter ce qui ne se représente pas\, mais se perçoit ou se ressent. \nLe dire relève d’une grande banalité\, voire d’un discours convenu\, ou même dépassé. Pour autant\,\nla vitalité et la quête en sont infinies. Véronique suit le fil d’un dépouillement\, le sien\, celui des représentations d’un jardin de l’enfance qui ne se sont jamais éteintes\, des forêts et de ce qu’elles génèrent d’imaginaire\, de symbolique et d’archaïque. \nComment représenter jardin et forêts\, non comme une réalité descriptible qui met la représentation du côté du naturalisme\, mais comme une production subjective ? Par son double travail\, pictural et dessiné\, Véronique tisse un va et vient entre un naturalisme apparent\, celui du dessin\, et une abstraction vers laquelle sa peinture tend. \nComment simplifier sans simplisme ? Comment aller à la structure\, n’en rien montrer\, encore moins démontrer et faire surgir le désir\, l’archaïque\, le souvenir\, la résurgence\, la réinterprétation ?\nComment s’y perdre\, se réjouir de ce foisonnement\, voir l’arbre et pas seulement la forêt\, le plissement d’une tige et pas seulement la touffe\, voir la touffe et pas seulement l’immensité éperdue\, voir l’immensité éperdue de ce qui est visible par la représentation\, c’est-à-dire le plein ? \nComment voir ce qui existe entre les pleins et que l’on désigne communément par simplisme « le vide » ? La réponse tient dans mes questions. Comme en musique\, le plein n’existe que par le blanc\, ce vide habité\, comme le bruit existe par les silences. Le jardin comme la forêt ne font jamais silence. Ils peuvent faire silence du bruit humain\, mais bruisse de craquements\, de chants\, de souffles\, de bruits secs ou humides\, et tremble des lumières que chaque brin d’herbe et feuille vient diffracter. C’est ce projet\, cette utopie jamais finie que l’exposition « plus loin que les vastes forêts »*1 vient soutenir.\n​\n*1 – d’après le poème « Voeu » de Victor Hugo.
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SUMMARY:'Parallelotopia' • Garance Matton & Rob Miles
DESCRIPTION:De l’un à l’autre ——————- quelque chose affleure à la surface entre eux. Une question\,une matière. Ils en sont conscients\, conscients aussi l’un de l’autre. Tout se réfracte à travers cette matière. Elle capte les contours de toutes les choses dans la pièce\, puis les projette de biais. Le nouvel agencement nécessite un angle ajusté pour être perçu dans la lumière. Il se déploie différemment selon chacun et selon ceux qui franchissent la porte\, sortent dans la rue et s’éloignent. Il est altéré après le sommeil\, où ce qui est rêvé se façonne dans les heures embouteillées du jour\, tandis que la main bouge avec fraîcheur au matin. Elle a l’œil qui s’oriente au nord-est. Un arbre entier ploie sous le vent et une ligne s’enroule autour d’une feuille de papier\, épinglant sa pensée. Tout penche dans la même direction. La synchronisation rend le mouvement souple\, et les corps glissent avec aisance dans l’espace. Une main gantée\, d’un geste maîtrisé pointe la ligne d’horizon encadrée par la fenêtre. Les bords scintillants d’un rideau noir coupent à travers champs. Un œuf brille sous les couvertures. Regarder\, c’est chercher-voir\, là où les contours durs se délestent de leur carapace pour devenir tendres\, perméables et transparents. A lui\, maintenant. Il s’incline dans le rail de lumière\, ajustant l’ordre de son visage. Un œil tombé lit la lettre à l’envers\, les lignes se rejoignent alors que le mot manque la langue. \nComme un kit d’assemblage\, le mot valise « parallelotopia » se réfère à un ensemble d’éléments utilisés par Garance Matton et Rob Miles comme outils de composition : la forme (parallelotope)\, l’agencement (parallèle) et le lieu (topos). Avec le préfixe « para » qui signifie à la fois « à côté de » et « protéger contre »\, le titre traduit un intérêt mutuel pour les notions spatiales de proximité\, de séparation et de simultanéité ainsi que pour la question de leur représentation. \nMontrant des oeuvres faites avec une variété de médiums – incluant huiles sur toile\, collages\, plaquettes en céramiques\, bois découpés et un paravent réalisé en collaboration – l’exposition du duo reste une exploration à multiples facettes autour de la création d’une image figurative et de la représentation picturale de l’espace. Comment l’espace peut être évoqué et composé est une fascination partagée par Matton et Miles : dans une image (comme illusion)\, sur une surface peinte et dans la forme de l’objet lui-même. Cherchant des moyens de dépasser le point de vue unique\, ils jouent avec différents systèmes perspectifs\, les combinent et les brisent\, il en résulte des configurations complexes qui mettent l’accent sur l’expérience multidimensionnelle d’un lieu. Cette réflexion se cristallise à travers les œuvres dans le motif du parallélogramme. Utilisé comme un dispositif formel\, optique et symbolique pour structurer l’acte de regarder\, il se manifeste sous différentes formes : un mur\, une fenêtre\, une table\, un faisceau de lumière\,une image dans l’image. Comme écran\, le parallélogramme segmente l’espace figuré\, permettant la coexistence de différentes scènes ou moments. Répété sous forme de grille de lignes diagonales\, il structure la surface en un plan incliné\, sans profondeur ni point de fuite\, comme si l’image était vue d’une position mobile et surplombante. Scindant et dédoublant\, pliant et penchant\, cette forme oblique offre aux artistes des manières de faciliter les va-et-vient entre planéité et perspective ; entre surface et profondeur. Il maintient ainsi l’espace de la peinture indéterminé. \nLes deux artistes s’intéressent aux espaces en devenir. Pour Matton c’est avant tout l’atelier\,qu’elle explore à la fois comme une scène du quotidien\, où les choses sont continuellement créées et modifiées\, et comme une projection d’un espace mental. En réponse à la nature fluctuante de l’atelier\, elle recherche\, à travers la peinture\, un moyen de produire une représentation finie d’un état (matériel et imaginaire) d’inachèvement. Les images de Miles naissent de la traduction\, sur la surface plane du carnet de croquis\, de scénarios quotidiens et d’interactions sociales. Dessinant sur le vif ou à partir d’un souvenir récent\, il explore intuitivement les dynamiques spatiales et relationnelles changeantes. A partir de ces esquisses\, Miles développe des compositions qui jouent avec différentes manières d’entrer et de sortir de l’espace peint\, le faisant ainsi se plier et se déplier en fonction du regard du spectateur. \nIl y a une qualité accueillante dans le travail des deux artistes ; une douceur initiale et une familiarité quotidienne\, qui s’ouvrent sur une fragmentation complexe. De différentes manières\, leurs œuvres sont façonnées par une attention portée aux plaisirs et aux défis du regard et du dessin\, à l’assemblage et au démontage\, et par l’intention délibérée d’inviter le spectateur à une réponse active et engagée. \nBryony Bodimeade
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SUMMARY:Eva Garcia\, 'LATOMIES'
DESCRIPTION:Un titre énigmatique mais pourtant ancré dans le réel. Un lieu d’abord : celui des carrières calcaires à ciel ouvert de Sicile\, près de Syracuse\, cette ancienne cité grecque sur les bords de la mer Ionienne et rivale d’Athènes. Et puis des formes\, celles des parois abruptes\, coupantes\, presque tranchantes\, creusées par la nature et ses forces. \nEt des couleurs\, le blanc du calcaire\, le vert sec de la flore du Sud\, le gris des ombres portées\, le bleu du ciel en surplomb. Et la lumière crue\, écrasante\, de la Sicile. Autant d’éléments inscrits dans le travail et la production gravée ou sculptée d’Eva Garcia. Alors on entre dans l’exposition et lentement on pénètre dans\nl’espace d’une dimension autre. Et dans l’immédiat de la confrontation\, on saisit l’intensité d’un corps à corps : celui du corps de l’artiste\, du corps de la gravure et celui de la pierre. \nUn corps à corps intense mettant en branle et en action une chorégraphie qui joue et se joue du poids des plaques de métal grands formats autant que des blocs de pierre qu’elle manie. Avec radicalité et jubilation Eva Garcia\, graveur\, manie ses outils avec dextérité et réflexion et fait apparaître une gamme chromatique faite de gris\, de noirs\, de blancs\, ponctuée d’un bleu qui résonne\, comme en écho infini à Brahms et à ses Variations sur un thème de Paganini. Et parfois une ponctuation\, rare\, de rouge fuchsia. \nAvec plaisir et détermination Eva Garcia\, sculpteur\, travaille ses blocs calcaires en taille directe et crée des séries qu’elle déploie\, d’un bloc à l’autre\, en autant de mouvements musicaux.\nDans ses deux pratiques\, dans le passage de la gravure à la sculpture\, avec méthode et spontanéité\, elle trouve un point d’équilibre. \nEt dans ces deux avancées\, elle crée un point de convergence dans lequel l’artiste et l’artisan fusionnent pour ne former qu’un seul corps\, qu’un seul esprit : qu’un seul être. \nGaya Goldcymer\nCurateur Critique @ a-topos.curator\nFévrier 2025
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SUMMARY:Project Room • Nessim Cohen\, (In)Quietudes 
DESCRIPTION:Présence\, silences\, quiétudes \n  \nNous avons tous besoin de plus de silence. Et dans ce silence: la caresse\, trop souvent oubliée\, du bonheur d’être ici. Dans le tourbillon d’images de nos sociétés modernes\, retrouver le sens de la matière\, sa chair\, son geste : c’est ce simple désir charnel qui a motivé les œuvres présentées par Nessim Cohen avec (In)Quietudes. \n  \nL’art contemporain s’est saturé de significations et de concepts qui font oublier le sens du beau le plus simple. Notre Terre est-elle devenue si ennuyeuse que nous devons constamment jouer avec l’abstraction et la politique ? L’art à sa source\, n’était-il pas au service d’évoquer\, sinon de retrouver le sens du beau contenu dans la nature elle-même ? \nIl ne faut pas être trop romantique : la nature n’est pas seulement une feuille d’arbre et une rose : elle est dans la beauté et la grâce des corps de danseurs\, dans la noblesse des argiles\, dans la douceur de la nuit noire. Pour retrouver la quiétude originelle que nous offre la contemplation de la beauté naturelle\, il nous faut nous en inquiéter : l’encadrer\, l’isoler\, la faire ressortir plus vive\, plus charnelle. \n  \nPrésences et Cadres Noirs \nNessim Cohen cherche les conditions minimales de la présence. Qu’est-ce qui fait que quelque chose nous apparaît\, plutôt qu’il ne se brouille dans la conscience ? Pour faire respirer son travail\, il habille ses oeuvres de noir\, par une technique qu’il nomme Cadre Noir. Il utilise une peinture spéciale\, ultra-mate\, avec un effet anulatoire : la peinture refuse toute lumière\, tranche dans l’espace\, et souligne ainsi les couleurs ou le geste.  Il suffit d’un peu de  vide pour faire vivre les œuvres. Dans le fouilli\, le vide est le meilleur des cadres.  \nFormé à la céramique et à la calligraphie au Japon\, Nessim Cohen joue ici avec ce trio de matières nobles qui l’a toujours accompagné :le papier artisanal\, l’encre et la terre. \nEn ce sens\, les œuvres présentées “n’utilisent” pas les matières premières : elles cherchent à les mettre en valeur. Même le papier annulé par le noir devient\, si on se rapproche\, une grande surface rugueuse\, une architecture secrète. Le rôle de l’artiste ici\, proche de celui d’un artisan\, est seulement de faire ressortir la présence des matériaux avec qui il entre en discussion. Pour (In)Quiétude\, on peut distinguer 2 séries majeures : les encres et les argiles sauvages. \n  \nEncres — Simple songs \nL’art d’encre est souvent à tort considéré comme abstrait : ce n’est pas de l’abstraction\, ici\, mais du mouvement pur. La présence existe par son geste même\, les brins du pinceau marquant le papier d’un élan définitif. Pas de remords : seulement la danse suspendue d’une forme éthérée.  \nLes encres de Nessim Cohen sont toujours des gestes spontanés\, créés le plus souvent avec des pinceaux qu’il a conçu lui-même en recyclage : des pinceaux chaotiques\, imprévisibles\, qui dansent par eux-même. Du chaos de la forme jaillissent des fantômes\, des poissons\, des brins d’herbes dans le vent. Dans l’isolement du cadre noir\, l’esprit est emporté par ces dynamiques fragiles et projette sur elle des images en mouvement simples. Le mouvement de l’esprit est comme une mélodie de quelques notes : un chant simple (simple song). \n  \nArgiles sauvages \nLes argiles et émaux sauvages ont été extrait des sols et préparés par Nessim Cohen lors d’un séjour en Dordogne en 2021. Après avoir produit de nombreuses céramiques avec ces argiles\, les morceaux restants ont été réutilisés ici pour devenir des tableaux. C’est la matière qui a guidé la création\, plus qu’une intention originelle. Les terres expriment directement le fond des étangs\, les anciennes carrières de sable et les mines de fer sauvages. Par un procédé personnel qui mêle argiles et encre\, la terre crue\, fragile\, se change en tableau géologique aux textures infinies. Nul besoin de cuire l’argile pour en comprendre la beauté ici : la terre se suffit à elle-même. Pétrie de vie durant des millions d’années\, elle est le tableau de notre propre histoire du vivant. C’est une matière aussi organique que minérale. \nLes tableaux peuvent être doux ou violents. \n  \nRéanoblissement : travailler en écologie \nLes divers processus de création employés dans le travail de Nessim Cohen fonctionnent en cycle fermé. Il n’y a pas de perte. Alors que la création artistique requiert bien des échecs et des succès\, Nessim Cohen voit dans chaque “brouillon”\, chaque tentative\, des occasions de développer de nouvelles techniques et de nouvelles esthétiques. Les encres qui ne sont pas utilisées comme telles deviennent les fonds de cadres noirs ou se voient en transparence derrière d’autres encres. Les territoires d’argiles\, souvent anarchiques au premier abord\, sont étudiés méticuleusement jusqu’à trouver\, toujours\, quelque part\, une beauté qu’on pourra encadrer de noir\, même sous un plus petit format. Il y a dans toute chose une délicatesse\, une beauté\, qu’il faut trouver et exprimer. Rien n’est à jeter\, rien n’a aucune valeur. La nature ne connaît pas le déchet absolu\, et l’artiste\, selon Nessim Cohen\, devrait faire de même. Ce souci écologique et esthétique est la contrainte créatrice essentielle pour l’artiste : on ne travaille jamais à partir d’une feuille blanche\, sinon par arrogance\, et il faut toujours regarder aux sédiments laissés par nos propres traces. Dans ces sédiments\, ces matières secondaires\, il faut trouver un moyen de rendre une noblesse à la matière. \nDans ce processus de ré-usage et de reprise constant\, la quiétude est atteinte par l’inquiétude constante du sort des choses. (In)Quietude présente les états finaux\, de ce processus en écosystème fermé. \n  \nChawans et Murmurations \nPour encadrer les encres et les argiles sauvages\, l’artiste a apporté deux types d’œuvres qui se situent au début et à la fin de son processus créatif : des chawans et des Murmurations. D’une part des bols pour la cérémonie du thé (ou chawan) en céramique. Ces bols\, fruits de collaboration avec divers céramistes français\, sont néanmoins produits avec les techniques traditionnelles japonaises. Les terres de Dordogne employées pour faire certains de ces bols sont les mêmes que l’on retrouve sur les tableaux. \nEnfin\, les Murmurations\, sont le stade final du travail écologique : les plus petits bouts de papiers sont utilisés pour faire ces nuages d’oiseaux sur le fond de canevas recyclés et peints avec des émaux au Japon. \nPour (In)Quietudes\, Nessim Cohen a continué son expérimentation entre matières nobles\, processus intuitifs\, et ses cadres noirs. Le cadre fait l’oeuvre. Pour cette série de travaux\, Nessim Cohen encadre ses oeuvres de noir.
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SUMMARY:Collection Les Metamorfoses • 2025
DESCRIPTION:Fondée par Valérie Accary et Sandrine Courroyer\, l’association d’intérêt général ‘Les Métamorfoses’ a pour inclination de créer des collections d’artistes et artisans d’art ayant pour vocation de sublimer les imperfections à travers l’upcycling artistique. \nEn reversant ses bénéfices à l’association Les Amis d’Arthur\, les Metamorfoses aide au financement des ateliers pour les personnes avec autisme \nConscious Paris se réjouit de soutenir leur démarche et de favoriser l’exposition de leur collection afin de faire en sorte que la différence et le lien soient le motif de cette rencontre. \n 
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SUMMARY:Group Show 'Les oiseaux ne volent que la nuit'
DESCRIPTION:Un jour\, les oiseaux ont décidé de voler la nuit.  \nÀ l’aube de ce crépuscule\, le bleu éclaire l’horizon. Chacun se faufile dans son chez-soi. Dans l’air\, les  couleurs s’évanouissent. L’atmosphère s’adoucit. Un changement de paradigme laisse part aux  songes.  \nÀ l’heure où tout s’endort\, les oiseaux virevoltent pour se dissimuler de nos regards. L’obscurité  tamisant leur présence\, il ne reste que leur essence.   \nDans ce silence nocturne\, Angèle Guerre souligne les contours de cet oiseau insaisissable. Les ailes  sculptent le ciel. Sur le papier\, il n’est pas si simple de saisir cet instant décisif. L’envolée nous  échappe.  \nTout en finesse\, elle incise le papier comme une caresse. Avec lenteur\, le plumage s’esquisse sans  révéler l’être. Tout comme l’oiseau qui exécute son vol\, Angèle manifeste les traces de ce passage  fugace. Ces vibrations deviennent des ombres se camouflant sur le fond. Elle guette pour  métamorphoser ce bref instant en un acte éternel.  \nDe ces lieux isolés\, nous attendons les premières traces de leur présence.  \nEn contemplant les perspectives\, nous sommes méditatifs : Que ressentir face à l’horizon sans fin ?  Denis Christophel pose les bases de ses paysages où notre regard perçoit des mirages. La brume fait  planer l’horizon. La matérialité de ces espaces incertains présente un monde sans entrave. Notre  esprit plane dans les recoins des paysages abstraits\, frémissant de liberté.  \nDes derniers rayons émerge une résurgence. Tels les murmures de ce paysage qui s’effacent\, on  entrevoit ce que les autres ne peuvent voir. Comme un écho\, le climat ambiant transforme notre  intériorité. En contemplant\, nous nous imprégnons des nuances de couleurs. Chaque soleil couchant  se transforme en un lavis précis et unique. Par couches\, les glacis se superposent pour modeler les  toiles. Denis Christophel façonne une profondeur insoupçonnée dans la planéité du tableau.  \nCes ouvertures sur l’extérieur s’offrent à la contemplation. Le ciel se nuance sous nos illusions.  \nNos pensées voilent notre esprit. La brume de l’aube s’échappe du sol. Les sculptures d’Olga Sabko  semblent modelées par les vents qui la traversent. Les nuées brumeuses sont sculptées par l’air\, sans  décision déterminée. La souplesse des lignes exprime les mouvements en vol. La diffraction de la  lumière\, à travers les peintures de Denis Christophel\, danse sur les formes d’Olga. Grâce aux courants  d’air\, le brouillard s’éloigne sous nos yeux.  \nDes formes libérées de toute contrainte s’élèvent vers le ciel. En perpétuel mouvement\, les  sculptures\, comme les oiseaux\, agissent en fonction des courants qui les entraînent.  \nAu crépuscule de la nuit\, il n’en restera aucune trace. Des murmures\, au loin\, révéleront leurs  absences au jour. \n  \nPierre Duval
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SUMMARY:Margaux Desombre\, 'Rappelle toi de ce qui s'oublie'
DESCRIPTION:MARGAUX DESOMBRE\n‘Rappelle-toi de ce qui s’oublie’\nLa mémoire\, comme les abysses\, forme un paysage des profondeurs aux reliefs ondoyants\, un monde sous-marin tapissé d’images qui nous parviennent malgré l’épaisseur du temps\, ou plutôt\, à travers elle. \nIl est de ces espaces qui se visitent dans l’antre de soi\, qui s’allument lorsque les yeux se ferment et qui frappent le regard de l’intérieur\, de ceux que Margaux Desombre révèle de ses mains et qui attendaient d’exister. \nAbondances végétales\, silhouettes humaines\, ciels liquides et terres d’argile\, animaux et symboles\, barques et cahutes suspendues peuplent ces scènes flottantes à l’exotisme familier\, tout entières livrées au zèle de la térébenthine\, à la souplesse de l’aquarelle et à l’ardeur des pastels. Les mondes qui s’y dessinent ne se sont pas formés en une fois\, ils s’y sont révélés par strates sédimentaires depuis une chambre claire\, celle de la lumière subtilement travaillée qui sculpte et inonde le support pour faire naître une perspective\, des lignes\, des êtres\, dans une généalogie renversée sur elle-même. Car ici le fond détermine la forme et le contenu son contenant\, tel un dessin en creux inscrivant chaque partie dans l’histoire du tout et conditionnant chaque élément à ce qui l’entoure telle une écologie picturale. Ethique de la terre\, éthique de la toile. \nDans le travail de Margaux Desombre\, c’est ce qui habituellement est caché qui se voit le plus\, et réciproquement. Les visages humains\, le réel ajouré et domestiqué laissent place au sauvage\, à la nuit\, au céleste\, au souterrain et au sous-marin\, empreints de fantasme et de fantastique. Avec la palette infinie de l’imaginaire et des souvenirs\, l’artiste ne reproduit pas le visible\, pour reprendre la formule chère à P. Klee\, mais en rend visible les lisières\, ce qui jouxte le déjà-plus et le presque-là\, l’interstice entre le temps révolu et le temps retrouvé : une sensation\, un récit\, un songe\, un silence\, un rayon de lumière\, un calme plat\, une vision fugitive\, un miroitement\, une effluve. \nIci rien n’est impossible mais tout semble improbable puisque les mondes qui s’y dessinent n’appartiennent pas au dehors. Ce sont des espaces du dedans\, comme les nomme H. Michaux\, passés par le prisme de la sensation\, infusés et macérés dans le magma du vécu. Nul besoin donc de reproduire ni de restituer mais de prendre soin des fragments\, de polir les traces\, telles qu’elles surgissent\, telles qu’elles survivent\, et que la peintre\, comme un passeur\, fait accoster en formes et en couleurs. Faut-il qu’elle soit réelle pour être vrai si toute chose n’apparaît qu’en tant qu’elle est perçue ? \nComposant avec ce qu’il reste du vécu\, des épopées lointaines et des voyages immobiles\, avec plus de souvenirs que si elle avait mille ans\, Margaux Desombre tisse les fils de la sensation et trace les pulsations invisibles\, le silence des nuages\, l’épaisseur du soir\, la moiteur des corps\, les clapotis de l’eau contre une barque et le reflet irisé du bois chaud sur la mer\, l’odeur de la nuit\, la rugosité d’un sol terreux. \nC’est au fond de Soi que se trouve l’Autre\, et au fond de l’oubli que surgit la réminiscence. Libre au visiteur de s’y perdre ou de s’y trouver. \nJoan Pronnier \n  \n  \nSolo-Show du 11 octobre au 23 novembre 2024
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SUMMARY:Carte Blanche Été 2024  • 'Du Coin de L'oeil'\, François Berton
DESCRIPTION:Pour clôturer la saison des expositions\, Conscious Paris donne ‘Carte Blanche’ à François Berton . \nFrançois Berton a toujours été animé par le désir de capter l’humain\, ses blessures et ses joies\, à travers son objectif. Comme le photographe Gary Winnogrand\, François Berton dit photographier afin de voir à quoi ressemblent les choses une fois capturées dans une image.
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SUMMARY:'Persées célestes'\, Marc Nucera & Quentin Derouet
DESCRIPTION:Persées Célestes \n« C’est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l’ombre »1 C’est le soleil qui se cache pour allumer la lune. C’est la noirceur d’un pigment qui donne sa force aux tons clairs. Ou les évidures d’une sculpture qui font naître sa silhouette. C’est le mythe de Persée\, qui aima voir sans être vu\, et vaincu Méduse. Comme si l’art de la retenue était plus éclatant que n’importe quel acte d’audace. Comme si Quentin Derouet et Marc Nucera\, en soustrayant à la couleur et au bois\, ajoutaient leurs âmes au monde\, dans la nervure d’un tronc\, à même le tissu d’une toile\, peignant les creux et sculptant les ombres\, per via di levare.\nDe leurs retenues fécondes émerge un dialogue vertigineux où se rejoignent deux infinis : le monde terrestre du végétal et le royaume astral. Par de délicates variations\, Quentin Derouet fait se mouvoir les forces célestes de la nuit en laissant notre imaginaire épouser les formes d’une lune. Son éclat d’albâtre perce la noirceur liquide obtenue à partir de charbon et de brou de noix récoltées par l’artiste dans son jardin-forêt. Loin de s’abandonner à l’éther\, le halo de lumière semble tout entier mêlé à ce flot de matière qui tantôt le dévoile tantôt le recouvre comme une vague\,\nsouvenir d’un passé commun entre la Lune et la Terre. Une à une\, les sculptures de Marc Nucera répondent aux ondoiements de ces\nciels nocturnes\, rappelant silencieusement l’incidence qu’auraient les cycles lunaires sur la pousse des végétaux. Des marées se dessinent dans le bois qui se souvient d’avoir été un arbre\, vivant\, gorgé de sève et d’élan pour viser le ciel. Les lignes du sculpteur se joignent aux corps ligneux\, dans un accord tacite entre l’onde et la matière\, entre l’ombre et la lumière\, entre hasard et destinée. À même les plis du bois mort se joue l’allégorie de la vie\, et de son feuilleté ardent\, que l’artiste vient effeuiller jusqu’à lui conférer l’aura d’un totem. Des substances terriennes aux vapeurs célestes\, Quentin Derouet et Marc Nucera font vibrer le magnétisme de la vie par ses extrémités\, mais aussi par sa plus grande\nhumilité : le soupir d’une nuit\, la finitude du bois mort. En cultivant l’improvisation et l’économie de moyens\, ils approchent le presque-rien et traduisent le je-ne-sais-quoi de l’existence qui ne se goûte que par le cœur et par les sens. Leur art se pratique à même la vie\, depuis une forêt où les fruits de la cueillette deviennent pigments\, depuis les jardins où végètent le bois en quête de vie… Épris de l’écorce du monde\, ils sont de ceux qui rallument les étoiles et rendent un souffle à l’inanimé\, avec cette magie prosaïque qui joint l’improbable au possible. Et entre les lignes du tronc et de la toile\, s’écrit un poème qui\, depuis l’ombre\, nous éclaire. \n1 Edgar Morin\, Le paradigme perdu (1973) \n  \nTexte d’exposition rédigé par Joan Pronnier
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SUMMARY:Alice Gauthier\, 'Poussières vivantes'
DESCRIPTION:Face aux œuvres d’Alice Gauthier\, une plongée s’impose. Pourtant celle-ci ne saurait se circonscrire à une seule direction.  \nCertes nous pouvons choir dans les tréfonds d’une eau glacée jusqu’à être dispersé*es en une myriade de touches. Mais\, inversement\, en miroir d’une descente aquatique vers les abysses\, le ciel nocturne nous appelle. Il fascine l’œil et conduit à une projection astrale. On demeure dès lors suspendu*es entre la chute et l’élévation\, pris*es en tenaille dans un horizon fluctuant. Ce dernier dessine une courbe infléchissant les certitudes et reliant divers mondes. \nLà\, s’épousent et se contrastent le céleste et le terrestre\, l’humain et le non humain\, le réel et l’imaginaire. Cet arc\, à la fois dual et protecteur\, convie à une traversée\, conduisant le regard à voguer sur des lignes sinueuses.  \nCes dernières caressent les contours d’un corps endormi\, effleurent les crêtes rocheuses d’une montagne\, arpentent le col d’un volcan où ondulent sur les vagues d’une mer calme où se lovent des reflets de lune et d’étoiles. Du dessin\, à la peinture\, en passant par la lithographie\, le registre des techniques picturales et graphiques d’Alice Gauthier est varié.  \nSi elle maitrise avec précision des gestes traditionnels\, elle ne cherche pas moins à en repousser les limites afin d’expérimenter de nouveaux procédés. Des huiles sur toiles façonnées du bout des doigts au dessin réalisé à l’aide de pigments libres\, elle actualise l’art rupestre. Ailleurs\, par un mélange d’encres de gouaches et de divers liants déposés sur papier glacé\, sa démarche use de méthodes empiriques alliant savamment l’aléatoire et le contrôlé. Sur ces pages lisses\, les couleurs s’entremêlent et circonvoluent au gré de l’écoulement puis du séchage lent de la matière. Des nervures aux nuances hallucinées se déploient suivant le principe de la morphogénèse. Les œuvres sur papier cristallisent par là des moments de latence où la matière mute. Elles dévoilent l’empreinte d’une genèse habituellement insaisissable\, d’un instant de micro-bigbang où les réactions s’enchainent et fertilisent une multiplicité de formes. Ces flammèches croissent à la manière d’arborescences. Elles irriguent l’imaginaire tout autant qu’elles captivent le regard. Après une observation attentive de ces phénomènes alchimiques donnant naissance à des paysages fictionnels\, l’artiste réintervient à l’aide de quelques lignes ou figures. Parcourant sillons incandescents et plages de couleurs profondes\, elle fait émerger des êtres\, corps ou regards animant de présences ces territoires fantasmatiques.  \nEntre quiétude et tension\, les personnages qui parcourent les méandres des tracés comme ceux des coulures de peinture\, alternativement\, y dansent\, y dorment\, s’y enlacent où s’y liquéfient. Non déterminées\, parfois réduites à de simples silhouettes ou à des ombres\, ces figures proviennent tant de l’inconscient de l’artiste que d’une réponse aux formes générées sur la feuille ou sur la toile. L’accompagnant depuis maintenant plusieurs années\, elles signent de leur présence des forces plurielles. Elles se font l’écho des croyances animistes\, projetant en toute chose une âme ou un esprit\, invitant à réfléchir le monde en dehors d’une relation anthropocentrée. Elles incarnent également les êtres que nous côtoyons sur la rive de nos rêves voire de nos cauchemars. Enfin\, évoluant régulièrement au cœur de constellations imaginaires\, elles rappellent que nos atomes portent en eux la mémoire des poussières stellaires qui les ont initialement engendrés 1 .  \nLes œuvres d’Alice Gauthier semblent ainsi naitre d’une moisson d’étoiles. D’un paysage de poudres pigmentaires à ceux d’encre\, de gouache ou d’huile\, nous traversons des contrées propices à l’éclosion d’une pléiade de récits dont il reste à chaque spectateur*trice d’activer l’interprétation. \n  \n1 Voir Hubert Reeves\, Poussières d’étoiles\, Paris\, Points\, 2014. \n  \n  \nThomas Fort \nCommissaire d’exposition indépendant\, critique d’art et enseignant
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SUMMARY:Diego Garcia Lara\, '& dans les failles\, la lueur'
DESCRIPTION:Exister\, se “tenir hors de soi” — c’est l’expérience que propose Diego Garcia Lara. Inspiré par la pensée de Spinoza\, Garcia Lara illustre le “conatus” sur ses toiles soulignant l’expression unique et vivante de chaque élément. \nÀ travers ses paysages montagneux\, la douceur de ses fleurs séchées et la brutalité du bois ou de la toile\, l’artiste nous invite à un voyage intérieur\, à la découverte de l’être profond. \nSa démarche artistique à la fois brève et méticuleuse évoque une création continuée illuminant les failles de l’être. Garcia Lara donne à voir comment cet effort à la fois physique et spirituel se manifeste concrètement dans la nature et en chacun d’entre nous. Son travail délicat sur la forme des fleurs et des montagnes matérialise cette quête d’expression propre\, tandis que les antinomies présentes entre douceur et brutalité dépeignent le constant bouleversement de l’être à la recherche de lui-même. \nUne observation plus minutieuse de ses toiles met en évidence ce travail de recherche sur la forme\, illustration d’une croissance\, d’un travail constant\, perpétuel et physique. En ce sens\, elle rend concret le conatus. De même\, le travail de recherche de Garcia Lara entre la délicatesse de son geste avec ses outils — fleurs séchées\, dentelles\, grillages — et la spontanéité requise par la bombe\, révèle ce juste équilibre entre patience et vitesse\, précaution et brutalité. \nSymbolisant ce sentiment de contraste\, voire d’opposition\, les méduses de Garcia Lara illustrent cette quête identitaire\, reflet de dualités entre permanence et éphémérité. À la fois repoussantes ou attirantes\, et douées d’une grande adaptabilité qu’elles expriment en partie par leur capacité mimétique\, les méduses s’efforcent de persévérer dans l‘être par l‘effort\, dans la dépendance de l‘écosystème marin. \nPar son geste fort et sensible\, Garcia Lara nous plonge dans ce que Denis de Rougemont appelle une « création continuée ». En informant la matière et en la manipulant\, Garcia Lara lui donne son être\, sa complétude et sa lueur. Cette dernière ne s’éteint jamais puisqu’elle se perpétue dans cette « création continuée » grâce au regard curieux\, intrigué et souvent transformateur du spectateur. C’est par le regard de chacun que le travail pictural de Garcia Lara continue de persévérer dans son être\, d’exister. \n  \nClémence Hénin
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SUMMARY:Djabril Boukhenaïssi & Morgane Baroghel-Crucq\, 'Mélodie du souvenir'
DESCRIPTION:Djabril Boukhenaïssi \nDiplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris depuis 2018\, Djabril Boukhenaïssi poursuit sa recherche à travers la peinture\, le pastel et la gravure. Son travail est essentiellement nourri par la littérature et la musique et s’articule autour des notions de disparitions et de fragilité. \nDans son travail\, l’artiste reconstruit des images sensibles dont nous faisons l’expérience et qui\, comme pour tout un chacun\, nourrissent notre rapport au monde. Si la peinture qu’il présente semble indécise\, comme à mi-chemin d’une représentation aboutie\, c’est qu’elle cherche à évoquer des événements qui sont eux-même évanescents\, fragiles\, mal dessinés et mal inscrits dans notre propre intériorité. C’est le cas d’un souvenir d’enfance\, d’un paysage entr’aperçu\, de la rêverie induite par un morceau de musique ou encore du visage d’un ami disparu. Autant d’événements logés dans les interstices de notre mémoire\, qui s’y sont sédimentés et amoncelés\, et qui échappent dès lors qu’on cherche à les saisir. En musique\, Djabril s’inspire de l’œuvre de Marin Marais\, de François Couperin ou encore de Jean-Philippe Rameau\, parce qu’ils ont su s’emparer de tels sujets par les moyens de la suggestion et non de la démonstration\, sont des inspirations quotidiennes. En peinture et en littérature\, les œuvres de Jean-Simeon Chardin\, James Abbot Whistler\, mais aussi des pages de Philippe Jaccottet\, Virginia Woolf ou Marcel Proust ont été essentiels. Ses oeuvres ont été exposées à la galerie Torstraße 111 en 2017. Il a été invité en 2023 par Djamel Tahtah et Marc Desgrandchamps lors de l’exposition “Invitations” au centre d’art contemporain de Lacoux. Récemment\, il a participé à l’exposition “Parcours 2023” dans le cadre du projet de développement “Le Champs des impossibles” en Perche-en-Nocé. Son travail a dernièrement été présenté dans l’article d’Art Basel « La jeune peinture française explose » rédigé par Emmanuelle Lequeux. \n____ \n  \nMorgane Baroghel-Crucq\nDiplomée du département textile de l’ENSCI depuis 2009\, Morgane Baroghel-Crucq – par son approche sensible de l’expérimentation textile – pose un regard contemporain sur un savoir-faire millénaire : le tissage. \nMorgane Baroghel-Crucq est artiste et artisane textile. Elle croise fils et matériaux sur métier à tisser\, tisse des étoffes-tableaux\, des œuvres-matières. C’est une contemplative. Elle aime observer dans le silence la Vie et ses paysages\, puis dessiner avec les fils les mouvements des roches\, des strates\, tisser l’impermanence de la lumière sur l’horizon. Au-delà de l’esthétique\, c’est le processus qui inspire sa démarche : la force du vent qui sculpte les dunes\, le ruissellement de l’eau qui écrit dans la roche. Le tissage est l’art du lien\, de la connexion\, du croisement. Chaque fil de chaîne dépendant de chaque fil de trame pour assurer la solidité de l’ensemble. Comme dans un tissu\, l’interdépendance des éléments qui créent la Vie et ses paysages la fascine\, dans sa globalité et ses cycles. Diplômée du département textile de l’ENSCI en 2009\, Morgane Baroghel-Crucq pose un regard contemporain sur le savoir-faire millénaire qu’est le tissage par une approche sensible et expérimentale. Ses réalisations s’inscrivent à la rencontre du design\, de l’artisanat et de l’art. Elles sont œuvres personnelles et développements exclusifs sur-mesure\, destinés aux professionnels ou particuliers sensibles à l’excellence du geste\, aux projets de décoration d’exception. En 2021\, Morgane est finaliste du Prix des Artisanes ELLE et LVMH / catégorie Design. Elle fait partie de l’Académie des savoir-faire organisée par la Fondation Hermès en 2019 et est lauréate de la Bourse de la Fondation Banque Populaire en 2016. Ses œuvres ont été présentées dernièrement lors de l’exposition au Meurice « Objets Sensuels » organisée par the Craft Project en janvier 2023 et ainsi qu’au Centre d’Art Galliffet dans l’exposition « Mémoire Désir ». Son travail a dernièrement été présenté dans l’article de Connaissance des arts « Paris : une exposition clandestine dans les chambres du Meurice révèle la sensualité des métiers d’art » rédigé par Lucie Agache.
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