
Nocturne en plein jour • Duo-Show — Djabril Boukhenaïssi, Blaise Schwartz

Djabril Boukhenaïssi
Djabril Boukhenaïssi (né en 1993 en France ; vit et travaille entre Paris et la région du Perche en France)explore la frontière subtile entre réalité et fiction dans la construction de la mémoire.
Se fondant exclusivement sur des esquisses issues de souvenirs, il se détache volontairement de l’instantanéité propre au médium photographique. Ses références puisent dans l’histoire de l’art, la philosophie, la littérature et la poésie. Influencé par le romantisme allemand et français, il interroge les représentations de la nuit et leur symbolique dans l’histoire de l’art occidental. Dans cette approche picturale d’une poétique nocturne, figures humaines et animales — réelles ou semi-fantastiques — émergent dans des peintures et gravures intimes qui dialoguent entre elles. Il développe notamment une iconographie personnelle marquée par l’usage récurrent du violet pour figurer la nuit, et par la présence du phalène, papillon de nuit aux accents oniriques.
Le pastel joue un rôle central dans sa technique, apportant des textures à la fois délicates et vibrantes, superposées à des couches de peinture à l’huile. Ce procédé donne naissance à des images où les figures se fondent partiellement dans le fond, frôlant l’abstraction, et évoquant ainsi la profondeur irréelle des rêves.
Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et de l’Universität der Künste de Berlin, Djabril Boukhenaïssi est également titulaire d’un diplôme de philosophie de l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis. En 2023, il remporte la première édition du prix Lee Ufan Arles & GUERLAIN Art & Environnement. Du 7 juin au 31 août 2025, une exposition lui est consacrée à la Maison de Victor Hugo. En novembre 2025 la Galerie Marianne Ibrahim exposera ses oeuvres dans son espace à Chicago.
Blaise Schwartz
Blaise Schwartz (né en 1992 à Gien) vit et travaille entre la France et l’Asie. Ses peintures et dessins explorent la collision entre le temps long de l’évolution du vivant et l’accélération propre à l’Anthropocène.
Il propose de cette rencontre une représentation personnelle et onirique. Dans cet univers se croisent figures animales, formes géographiques, éléments artificiels, microcosme et macrocosme. Ses peintures sont peuplées de figures aux formes plurielles — telles que les chauves-souris ou les escargots —, de formes en métamorphoses — comme des cartographies organiques ou des moments de la dérive des continents. À leurs côtés apparaissent des animaux plus familiers, comme les chiens et les singes, qui jouent le rôle de passeurs entre un monde symbiotique et le monde humain.
La peinture de Blaise Schwartz est nourrie de rencontres et d’expériences personnelles ainsi que de sources scientifiques, littéraires, ou cinématographiques. Pour lui la peinture est une forme de présence au monde contemporain: matière, narration et image à la fois, elle est une forme d’attention envers un monde dont nous nous sommes progressivement détachés — celui des éléments, des animaux, du vivant. Plutôt qu’un regard documentaire ou naturaliste, il privilégie une approche subjective, sensible et picturale. Son intérêt pour les cosmogonies, langages et histoires extra-occidentales l’a conduit à vivre quatre ans en Chine, où il a pu reconsidérer l’histoire de l’art d’un autre point de vue.
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Il est diplômé et félicité des Beaux-Arts de Paris en 2016. En 2023 et 2022, son travail est présenté dans deux expositions personnelles à Paris : Multimillénaires à la Galerie Ad Astra et Les chrysalides à l’Atelier b. En 2024, il est en résidence à Kaohsiung (Taïwan) au K.A.T. Artist Village. Il participera début 2026 à une exposition collective au MO.CO. à Montpellier, ainsi qu’à une nouvelle exposition personnelle à la Galerie Ad Astra. Il a étudié la langue et civilisation chinoise à l’Inalco (2012–2016).