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Marc Nucera

Dès ses premiers travaux (1990, cœurs d’arbres), Marc Nucera est en lien direct avec les éléments naturels. Il a commencé par une longue fréquentation topiaire des arbres, travaillant patiemment, à hauteur de leurs ramures, à les faire évoluer sur des années, le plus harmonieusement possible selon leur con gurations naturelle et leur lieu de vie. Il intervient dans des domaines privés des Alpilles, du Lubéron et, élargissant sa réputation et son cercle amical, bien au-delà.

Informations Pratiques

À propos

Puis, c’est leur fût qui concentre son intérêt. Chacun est choisi en fonction de son diamètre ou de sa longueur, et travaillé dans son atelier de plein air. Il est tout d’abord sculpté pour des usages simples, sièges et tables destinés à rester dehors, parfois emboîtés en une forme unique, d’autres fois alignés ou empilés à la manière des Architectones de Malevitch, leur douce patine s’embellissant des intempéries. Dans ces pièces, Marc Nucera exprime un juste équilibre entre la simplicité du matériau et celle de l’usage. Dernier né parmi elles, le banc-vrille, décliné de diverses manières a dépassé son statut d’objet fonctionnel pour s’installer dans le paysage en termes de sculpture. Le travail s’émancipe vers des formes plus libres, inspirées par leur matériau même, boule aussi branchue qu’une pomme de pin, ou aussi peu ronde que les nœuds de son bois le suggèrent, sculptures aussi hautes que le permettent les fûts d’origine dont elles subliment la verticalité : colonnes torsadées (2004), mais aussi évidées, ajourées, percées, selon un travail demandant toujours plus de dextérité. La colonne sculptée peut se faire anthropomorphe, un couple se révéler dans ses contours, des caryatides et des titanides aux dimensions imposantes apparaissent, puissantes et féminines (2009-2012). Chacune rejoue son origine naturelle de façon singulière, dans la sincérité de sa taille, la puissance de sa forme, l’évidence de son inspiration. L’artiste travaille per via de levare avec de multiples tronçonneuses et même si le geste requiert force et détermination, Marc Nucera le vit comme un acte sensible, à l’écoute de la matière, qui découpe, évide selon son sens, respecte son énergie, en exalte la vitalité. Marc Nucera revêt certaines de ses sculptures ou certaines de leurs parties, d’une “peau” ou d’un drapé obtenu par de nos entailles, long travail de patience et de concentration. Ce sont des effets de plis, de creux qui, la plupart du temps, dialoguent avec les veinures et les courbures du bois, les mettent en valeur. Françoise BERTAUX